LOG INbook a call

Vous cherchez quelque chose ?

Vous cherchez quelque chose ?

Lou Woolworth

Directrice de la galerie Woolworth
35-45, Paris

Brève présentation de l’invitée, activité ou profession, lieu de naissance ou pays d’origine, formation ou parcours, lieu de vie.

Je m’appelle Lou Woolworth. J’ai 37 ans, je suis née à Paris et je suis franco-américaine : ma mère est française et mon père américain. Je dirige aujourd’hui la galerie Woolworth, située au 51 rue de Seine à Paris. Cette galerie familiale a été fondée par ma grand-mère et ma mère avant que je ne la reprenne à mon tour il y a maintenant six ans.

La galerie est spécialisée dans les bijoux anciens et les bijoux d’artistes, avec également une sélection de créations contemporaines. C’est un lieu où se rencontrent l’histoire, le savoir-faire et la création.

Avant de me consacrer à la galerie, j’ai travaillé pendant dix ans dans la mode en tant que styliste, notamment pour Marc Jacobs à New York et la maison Maison Margiela à Paris.

J’ai toujours vécu entre deux cultures, avec une enfance parisienne ponctuée de nombreux allers-retours aux États-Unis, notamment à New York et dans le Maine.

Parlez-nous de votre lieu de résidence, ville ou région, activité et si ou ce que vous aimez votre lieu de résidence ?

J'habite aux portes de Paris, dans un appartement qui borde le bois de Boulogne. Il y a quelques années, mon conjoint et moi avons décidé de nous y installer avec nos deux jeunes enfants, à la recherche d'un espace extérieur. Mais surtout, nous avons eu un véritable coup de foudre en découvrant cette rue, avec cette impression d'être déjà dans la nature, au milieu des arbres.

Notre appartement possède un toit-terrasse qui était entièrement vide lorsque nous avons emménagé. Il offre une vue à 360 degrés sur le bois et un ciel absolument spectaculaire, qui change chaque jour au fil des saisons. Mon projet a donc été de transformer cet espace en un véritable jardin suspendu. Je l'ai entièrement imaginé et végétalisé moi-même. Aujourd'hui, c'est mon refuge. Chaque soir, j'y retrouve le calme après avoir quitté mon autre refuge : ma galerie.

Je dirige une galerie spécialisée dans les bijoux anciens et les bijoux d'artistes, située au 51 rue de Seine, à Saint-Germain-des-Prés. C'est une maison familiale que j'ai reprise après ma grand-mère puis ma mère. Depuis toujours, la galerie est dédiée aux bijoux anciens, et j'ai souhaité poursuivre cette histoire tout en y apportant ma propre sensibilité.

J'aime faire dialoguer les époques, mélanger les styles et raconter l'histoire du bijou à travers des pièces très diverses. Cette approche éclectique est au cœur de mon travail, avec une place toute particulière accordée aux bijoux d'artistes, qui viennent enrichir cette conversation entre patrimoine, création et modernité.

Vos adresses incontournables près de chez vous ? (restaurant,marché, galerie, musée, à ne pas manquer, adresse intime ou secrète, etc)

Parmi mes restaurants préférés près de chez moi, il y a sans hésiter ANDIA. J'aime cet endroit parce qu'il procure la même sensation d'évasion que mon jardin : dès qu'on y entre, on a l'impression de voyager. La végétation est omniprésente et l'atmosphère est totalement dépaysante. La cuisine, quant à elle, puise dans les saveurs d'Amérique latine.

Aux beaux jours, le patio et son grand jardin renforcent encore cette impression d'être ailleurs, loin de Paris. Ce que j'aime aussi, c'est que le lieu a une histoire : le restaurant est installé dans une ancienne gare ferroviaire.

Une autre adresse que j'aime beaucoup près de chez moi, c'est La Ferme du Pré, le nouveau bistrot du chef Frédéric Anton, triplement étoilé au Guide Michelin. On y retrouve toute l'exigence de sa cuisine, mais dans une version beaucoup plus accessible et décontractée que son restaurant gastronomique. Situé en plein cœur du bois de Boulogne, le lieu offre, lui aussi, une véritable parenthèse hors de Paris. Le cadre est magnifique, dans une maison auberge pleine de charme attenante à son restaurant gastronomique.

J'aime son ambiance chaleureuse et familiale. La cuisine met à l'honneur les grands classiques du terroir, avec une grande simplicité, mais toujours avec beaucoup d'élégance. Les plats sont servis dans une très belle vaisselle ancienne. C'est une adresse conviviale où l'on vient autant pour le cadre que pour la cuisine.

Un autre lieu que j'aime et où je vais très souvent avec mes enfants, c'est le musée Marmottan Monet. C'est un musée un peu à l'écart des grands circuits touristiques, installé dans un ancien hôtel particulier en bordure du bois de Boulogne. À l'origine, il abritait la collection de Paul Marmottan, avant de devenir, au fil des donations, l'un des plus beaux musées consacrés à l'impressionnisme.

Ce qui me fascine à chaque visite,c'est son incroyable sous-sol, qui renferme la plus importante collection au monde d'œuvres de Claude Monet. On y découvre notamment Impression, soleil levant.

J'aime y emmener mes enfants. C'est un lieu paisible, presque confidentiel, où ils découvrent très tôt la beauté de la peinture de Monet et où nous prenons le temps de regarder les œuvres ensemble. C'est une visite que nous faisons régulièrement.

Vos adresses préférées sur Terre ?

 Hiver –

L'un de mes endroits préférés au monde est sans aucun doute Taroudant, une ville berbère située au sud du Maroc, à environ trois heures de Marrakech. C'est un lieu où je vais me ressourcer chaque hiver. Ma mère m'y emmenait déjà lorsque j'étais enfant pendant les vacances scolaires, et aujourd'hui, c'est à mon tour d'y emmener mes propres enfants. C'est une transmission qui me tient particulièrement à cœur.

Ce que j'aime à Taroudant, c'est son authenticité. Contrairement à d'autres destinations marocaines, la ville est restée préservée du tourisme de masse. Chaque fois que j'y arrive, j'ai l'impression de remonter le temps, comme si l'atmosphère des années 1950 y était encore intacte.

Entourée des montagnes de l'Atlas et de vastes palmeraies, Taroudant est une ville de remparts, de souks animés et de traditions berbères encore très vivantes. On y découvre un rythme de vie paisible, une lumière extraordinaire et des paysages d'une grande beauté. C'est un Maroc authentique, simple et chaleureux.

J'y retrouve une sensation de calme et de liberté que je trouve rarement ailleurs. C'est aussi un lieu où l'artisanat est d'une richesse exceptionnelle. On y rencontre des artisans au savoir-faire remarquable —ferronniers, potiers, tisserands, maroquiniers ou encore ébénistes — qui perpétuent des gestes ancestraux. Chaque année, je rapporte de Taroudant des objets, des textiles, de la céramique ou du mobilier. C'est un lieu qui fait partie de mon histoire familiale et où je reviens chaque année avec la même joie.

Une autre région du monde qui m'est particulièrement chère est l'Asie du Sud-Est, et plus particulièrement le Laos, le Cambodge et la Birmanie. Ce sont des pays qui m'ont profondément marquée et qui ont, d'une certaine manière, transformé mon regard sur le monde.

J'y ai passé plusieurs étés, seule, avec des amis ou accompagnée, et chacun de ces voyages a été une expérience fondatrice. J'y ai découvert des cultures d'une richesse extraordinaire, une spiritualité très présente, une manière d'habiter le monde qui m'a profondément touchée.

Ce qui me bouleverse à chaque fois, ce sont aussi les paysages. Face à ces fleuves immenses, ces rizières infinies, ces montagnes, ces temples et cette nature si puissante, on se sent infiniment petit. Je trouve que cette sensation est précieuse : elle nous ramène à l'essentiel et nous rappelle une certaine forme d'humilité.

Ces voyages m'ont offert des rencontres inoubliables et continuent de nourrir mon regard, ma sensibilité et même mon univers esthétique. Aujourd'hui, j'ai très envie de transmettre cette émotion à mes enfants et de leur faire découvrir, à leur tour, cette région du monde qui a tant compté dans ma vie.

Pensez-vous qu'il soit important de voyager et pourquoi ?

Je pense que voyager est essentiel, presque indispensable. Depuis toute petite, mes parents m'ont donné la chance de découvrir d'autres pays, d'autres cultures et d'autres façons de vivre. Avec le temps, j'ai compris que ces voyages avaient profondément façonné la personne que je suis.

S'il y a une qualité que j'admire particulièrement chez quelqu'un, c'est l'ouverture d'esprit. Et je suis convaincue qu'elle se nourrit en grande partie des voyages. Voyager nous confronte à la différence, nous invite à sortir de notre cadre habituel, à remettre en question nos certitudes et à regarder le monde avec davantage de curiosité et de bienveillance.

Découvrir d'autres cultures, d'autres traditions et d'autres manières de penser nous rappelle que notre façon de vivre n'est qu'une parmi tant d'autres. Cette ouverture sur le monde nous enrichit profondément et, je crois, nous rend plus humbles, plus tolérants et plus attentifs aux autres.

C'est une valeur qui m'est chère et que j'ai envie de transmettre à mes enfants. J'espère leur donner, à mon tour, le goût de la découverte, de la rencontre et cette curiosité pour le monde qui, à mes yeux, est l'une des plus belles façons de grandir.

Je crois aussi qu'il est important de voyager hors des sentiers battus. Bien sûr, les lieux emblématiques ont leur beauté, mais ce sont souvent les destinations les plus discrètes, les plus préservées et les plus inattendues qui offrent les expériences les plus marquantes.

C'est en s'éloignant des circuits touristiques que l'on fait les plus belles rencontres, que l'on découvre une culture dans toute son authenticité et que l'on vit des moments qui nous transforment durablement. Ce sont ces souvenirs-là qui nous accompagnent toute une vie.

Je garde en mémoire des expériences extraordinaires, comme la traversée de la Mongolie à cheval.

Que pensez-vous de l’avenir du voyage et ce que nous devons (citoyens)considérer ?

Je pense que notre façon de voyager doit aujourd'hui évoluer. Nous ne pouvons plus voyager comme nous le faisions il y a quelques années, sans nous poser de questions. Les enjeux environnementaux nous obligent à repenser notre rapport au voyage.

À mes yeux, il faut sans doute voyager moins, mais mieux. Privilégier des séjours plus longs, plus immersifs, plus respectueux des lieux que l'on découvre, plutôt que de multiplier les déplacements. Nous avons tous une responsabilité dans la préservation de la planète, et le voyage ne peut pas être exclu de cette réflexion.

Que conseillerez-vous ?

Si je devais donner un conseil, ce serait de trouver un équilibre. Pour ma part, j'aime l'idée d'alterner entre un grand voyage dans une région lointaine du monde et une année où l'on reste plus près de chez soi.

Une année, partir à la découverte d'un pays, d'une culture totalement différente de la nôtre, ouvrir les yeux de nos enfants sur d'autres façons de vivre, puis, l'année suivante, choisir de voyager autrement : prendre le train, explorer une région voisine ou redécouvrir des territoires méconnus, parfois à seulement quelques heures de chez nous.

Je trouve qu'il y a autant de richesse à découvrir une culture lointaine qu'à porter un regard neuf sur notre propre patrimoine. Nous avons souvent tendance à chercher l'évasion à l'autre bout du monde, alors qu'elle peut aussi se trouver tout près de nous.

Cette alternance me semble être une belle manière de continuer à nourrir notre curiosité, tout en adoptant une façon de voyager plus responsable. Elle permet de préserver le plaisir de la découverte, de transmettre cette curiosité à nos enfants et, en même temps, d'être plus attentifs à notre impact sur la planète.

En tant que femme, comment jugez-vous l’avenir de notre terre ou de nos sociétés. ?

En tant que femme, je pense que nous avons aujourd'hui un rôle essentiel à jouer dans la société. Beaucoup de chemin a été parcouru ces dernières décennies, mais il reste encore beaucoup à accomplir. Les inégalités persistent, qu'il s'agisse de l'égalité salariale, de la place des femmes dans les postes de décision ou encore de leur liberté de parole.

Je crois qu'il est important que les femmes soient davantage représentées dans les sphères politiques, économiques et culturelles, parce que la diversité des regards est une véritable richesse lorsqu'il s'agit de construire l'avenir. J'ai le sentiment que les femmes prennent de plus en plus leur place, avec davantage de confiance et de liberté, et c'est une évolution très encourageante.

Au-delà de la question de la place des femmes, je pense que le défi majeur de notre époque est de prendre pleinement conscience des enjeux auxquels nous sommes confrontés, en particulier les enjeux environnementaux. Nous savons aujourd'hui ce qui est en train de se jouer. Nous avons les connaissances, les moyens d'agir et, surtout, une responsabilité collective.

Mais je crois aussi que l'avenir de notre planète, comme celui de notre société, se construit avant tout dans l'éducation que nous donnons à nos enfants. C'est probablement là que réside notre plus grande responsabilité. Leur apprendre la curiosité, le respect des autres, l'ouverture à la différence, l'empathie et le goût de la découverte me paraît essentiel. Si nous en avons la possibilité, voyager avec eux est une manière extraordinaire de leur transmettre ces valeurs. Bien sûr, tout le monde n'a pas la chance de pouvoir partir à l'autre bout du monde, mais l'ouverture d'esprit ne dépend pas uniquement de la distance parcourue. Elle naît aussi de la rencontre, de la curiosité et de l'envie de comprendre ce qui est différent de nous, parfois tout près de chez soi.

Je suis convaincue que des enfants élevés dans ces valeurs construiront une société plus équilibrée, plus juste et plus apaisée. Une éducation fondée sur le respect de l'autre, l'égalité et l'ouverture contribuera naturellement à faire reculer les inégalités entre les femmes et les hommes. C'est dès l'enfance que se forgent nos regards sur le monde et sur les autres. À mes yeux, c'est là que commence le véritable changement.

Nous traversons une période de grande fragilité, mais je reste profondément optimiste. Je crois que nous sommes capables de changer nos habitudes, de repenser notre manière de consommer, de voyager, de produire et de vivre ensemble. Beaucoup d'initiatives vont déjà dans le bon sens.

L'avenir de notre société dépendra de notre capacité à agir collectivement, avec lucidité mais aussi avec espoir. Je crois profondément que nous avons encore la possibilité de construire un monde plus juste, plus respectueux de la planète et plus attentif aux générations qui nous suivront.

Comment pensez-vous y contribuer ? Des femmes qui vous marquent?

À mon échelle, j'essaie de contribuer à cette vision du monde de plusieurs façons. La première, et sans doute la plus importante, c'est à travers l'éducation de mes enfants. J'essaie de leur transmettre des valeurs d'ouverture, de curiosité, de respect des autres et de la planète. Je suis convaincue que c'est par cette transmission que l'on peut véritablement faire évoluer notre société.

La seconde passe par mon métier. Àtravers ma galerie, je ne vends pas seulement des bijoux : je raconte des histoires. Les pièces que je présente traversent les époques, les cultures et les régions du monde. Elles témoignent de savoir-faire, de traditions, de mouvements artistiques et d'événements qui appartiennent à notre histoire commune. J'aime l'idée que chaque bijou soit une porte d'entrée vers une époque, une civilisation ou une rencontre.

Ma galerie est aussi un lieu d'échange. J'y rencontre des personnes venues d'horizons très différents, collectionneurs, artistes, passionnés ou simples curieux. Ces conversations sont une source d'inspiration permanente et nourrissent mon propre regard sur le monde.

Finalement, je crois que mon métier consiste autant à transmettre un patrimoine qu'à créer du lien entre les personnes, les cultures et les générations. À mes yeux, cette transmission est une manière, à mon échelle, de contribuer à une société plus ouverte, plus curieuse et plus consciente de la richesse de son histoire.

Les femmes qui m'inspirent le plus ne sont pas forcément des personnalités célèbres. Ce sont avant tout des femmes, partout dans le monde, qui se battent chaque jour pour leurs droits, leur liberté et leur dignité, parfois au péril de leur vie.

Je pense notamment à cette jeune femme iranienne qui s'est déshabillée devant son université à Téhéran pour protester contre l’obligation de se voiler. Son geste, d'un courage immense, m'a profondément marquée. Au-delà de son histoire personnelle, il incarne, à mes yeux, la force de celles qui osent résister malgré les risques qu'elles encourent.

Leur courage et leur détermination m'inspirent profondément. Ils me donnent envie, à mon échelle, de rester vigilante, de soutenir celles qui en ont besoin et de ne jamais oublier que la liberté et l'égalité sont des combats qui concernent chacun d'entre nous.

Quel serait votre rêve de voyage ?

Mon voyage de rêve, j'en ai plusieurs, car il y a encore beaucoup de destinations que j'aimerais découvrir. Mais aujourd'hui, je dirais que j'aimerais organiser un safari pour mes enfants, qui sont passionnés par les animaux sauvages, notamment ceux de la savane. Ce serait une belle expérience à partager en famille. J'ai aussi depuis longtemps l'envie de partir avec mes proches en Papouasie-Nouvelle-Guinée, ou encore à Bornéo, au cœur de la jungle.

Lou WoolworthLou Woolworth
Lou WoolworthLou Woolworth
< prev
next >
partager...
En cliquant sur « Accepter tous les cookies », vous acceptez le stockage de cookies sur votre appareil pour améliorer la navigation sur le site, analyser l'utilisation du site et nous aider dans nos efforts de marketing. Consultez notre politique de confidentialité pour plus d'informations