Un palais du XVIᵉ siècle abandonné depuis des années retrouve peu à peu sa voix, grâce à un couple anglo-italien qui a fait de la conservation du patrimoine une façon de vivre. Si ce chantier tient debout, c'est grâce à un équilibre rare. Jordan est le rêveur. Emanuele est le bâtisseur. Jordan résume leur méthode par un mélange d'idéalisme et de pragmatisme.
L'Italie, un trésor qui s'effrite. Exode des jeunes vers les villes, vieillissement, coûts d'entretien écrasants : des villas, des palais et des hameaux entiers tombent dans l'oubli. Le pays a fait de la conservation une discipline à part entière, avec ses règles et ses gardiens.
C'est une histoire de transmission: prendre soin de ce qui existe déjà, réparer avant de remplacer, et rendre à un lieu oublié la place qu'il mérite. Le mobilier ne sort pas d'un catalogue, il a déjà vécu. Le résultat est où chaque objet raconte quelque chose.C'est aussi, au fond, un geste profondément durable. Chaque pièce sauvée est une pièce qui n'a pas besoin d'être produite.
Un palais à transmettre. Acquis en 2024, le palazzo déploie près de 2000 m² et 14 chambres. La restauration est conçue avec souplesse: une aile pourrait un jour s'ouvrir aux hôtes, et le lieu accueillir des mariages ou des événements. Un hôtel de caractère qui raconterait son histoire au lieu de l'effacer. Les séjours dans des demeures historiques séduisent de plus en plus. Car c'est souvent ainsi qu'un patrimoine survit : en étant habité et partagé.
Le bâtiment le plus durable est celui qui existe déjà. Restaurer plutôt que démolir, réemployer plutôt qu'acheter neuf: c'est une écologie discrète, faite de patience et de savoir-faire.C'est aussi une façon de faire vivre les artisans. La beauté du passé mérite qu'on se batte pour elle.